J'avais oublié qu'il fallait manger pour vivre

J'avais oublié qu'il fallait manger
pour vivre

1 Incubation -Pronostic et diagnostic de mon anorexie mentale
J'avais 15 ans, je rentrais en seconde littéraire sur St Nazaire, j'arrivais de mon collège tranquille pour arriver au lycée. Je me suis retrouvée à la ville avec des adolescentes grandement plus précoces en âge rapport à moi,  j'étais perdue dans ce monde nouveau où les cigarettes, les discussions amoureuses étaient de rigueur, je me suis donc retrouvée complètement isolée, cette immaturité m'a poursuivi également  dans les études.

En fin d'année, je n'ai pas eu le choix, j'étais orientée de force vers un Bep sténo dactylo, je n'avais jamais redoublé, à la rentrée, me voici donc à apprendre la sténographie  et la dactylographie, j'ai détesté la sténo  et le reste durant ces 2 années suivantes. Ce nouveau lycée m'a permis de retrouver ma place, grâce à la gentillesse des professeurs et des élèves.
L'adolescence avançait et  j'étais en pleine crise de croissance,  je n'acceptais pas franchement  ce nouveau corps de femme et, pour couronner le tout je me retrouvais avec le visage recouvert de boutons d'acné rosacé, je n'étais pas bien dans cette « nouvelle peau », pour soigner le mal-être, une visite m'attend chez le dermatologue et là catastrophe !!! vu l'ampleur de l'acné, le médecin indélicat me dit : Mademoiselle, si vous mangez tel et tel aliment :
« vous serez encore plus violette que mon Vidal (dictionnaire des médicaments) qui est là posé sur mon bureau, il faut absolument faire un régime strict »…
Profondément choquée par la couleur de ce livre et étant absolument sûre que mon visage allait vers cette même couleur, je me suis vite mis au régime, j'étais tombée dans la spirale infernale de l'anorexie. Je me trouvais très laide, un peu ronde et pleine de boutons violets,  je refusais ce corps d'adolescente.
Je pesais 56 kilos pour 1.65 mètre, un poids tout à fait normal pour une jeune fille de 16/17 ans, j'ai suivi à la lettre les consignes du régime et  j'ai pris des mesures draconiennes sur l'alimentation.
L'anorexie était bien installée, ma courbe de poids est tombée très vite, mais avant que mon entourage s'en aperçoive vraiment, il a fallu quelques mois, la fée magicienne que j'étais devenue a bien caché son mal-être. Pauvres parents, ils m'ont emmené chez plus de 9 médecins avant que le diagnostic fût posé : « Anorexie Mentale ».
 A cette époque, les médecins méconnaissaient encore  cette maladie, ils disaient à ma mère  « une petite perte de poids ne lui fera pas de mal » !!! Ce qui me réconfortait dans mon obstination de ne plus m'alimenter,  le mal était profond et bien là dans  ma tête.
Pourquoi la fée magicienne ? Au tout début, je me restreignais sur les quantités, alimentaires, par la suite je cachais tout ce que je pouvais sous ma serviette, ensuite je glissais sous mes manches, dans les chaussettes : morceaux de pains et autres aliments. Quand je n'y n'arrivais pas c'était  le chat qui récupérait les aliments, jamais la pauvre bête n'avait été aussi grosse !!!
Je devenais la Maîtresse de maison, la pièce de la cuisine était interdite à qui que ce soit, la porte était même fermée je faisais des plats et gâteaux monstrueux, que mes parents devaient obligatoirement manger. Bien sûr, je n'en prenais pas une bouchée.
Je dissimulais  la nourriture partout ou je pouvais, (dans les meubles, tiroirs…).ou je gardais tout dans la bouche et prétextais une envie d'aller aux toilettes pour tout recracher.  


J'ai même fait de la supercherie à outrance avec par exemple : Je me servais d'un bol de couleur blanche pour faire croire que je buvais du lait, une goutte de lait noyé  dans l'eau et rien ne paraissait, j'ai inventé des soufflés avec que du blanc d'œuf. J'ai ainsi bluffé mes parents durant des mois.
Je faisais ma propre et maigre cuisine et une très calorique pour mes parents ; J'ai appris par cœur le tableau des calories que je pourrais encore réciter aujourd'hui. J'étais particulièrement à l'aise dans la duperie des mots, des gestes et dans l'habillement : les vêtements amples pour me cacher.
J'étais particulièrement douée pour faire des heures de marche, de danser à en perdre le souffle, de pratiquer une gymnastique abdominale à outrance etc. … tout pour perdre du poids.
Je me suis mis à travailler dans mes études comme une folle, et ce jusqu'à en faire pleurer mes professeurs devant cet acharnement à étudier.
Les professeurs et le personnel de la cantine m'ont réellement sauvé la vie, devant mon manège infernal, la Direction a appelé mes parents pour leur dire que je restais muette devant mon assiette et que la gymnastique me serait interdite dorénavant, de peur que le m'écroule d'épuisement. Mes parents pensaient qu'avec mes copines, je mangeais ou du moins c'est ce  que je  leur faisais croire…ainsi ils me laissaient tranquilles le soir et comme le matin, je prenais seule  soi-disant mon petit-déjeuner, j'ai fini par de plus m'alimenter du tout.
En juin, j'ai voulu quand même passé mes examens, je pesais environ 40 kilos, très fatiguée mais encore super tonique,je pensais être assez forte mais  j'ai quand même échoué, lasse de lutter contre la vie.
Durant l'été la chute de poids a continuée, je n'avais plus mes règles et j'en étais même heureuse, j'étais redevenue enfant.
J'arrivais progressivement à atteindre 32 kilos, alors que je me trouvais encore très grosse dans le miroir, j'allais retrouver plusieurs fois par jour ma meilleure amie « la balance » dans la salle de bain, je m'habillais  dans du 8 ans et je venais d'avoir 18 ans.
La rentrée des classes approchait et j'ai trouvé enfin  le déclic qui m'a sauvé la vie, il fallait faire des photos d'identité pour le dossier scolaire, le photographe qui me connaissait depuis toute petite me photographie et, je lui les ai refusé les photos en lui disant « vous vous êtes trompé dans les négatifs, ce n'est pas moi, ce n'est pas mon visage »
Celui-ci me répondit « mais si Annaïg c'est bien toi », affolée par ce visage méconnu et effrayant de maigreur, j'ai demandé à mes parents de prendre un rendez-vous en urgence avec mon médecin et je lui  ai demandée de me faire hospitaliser. Dès le lendemain, je suis rentrée au CHU de Nantes.

 

 

 

          




 


2 Visites interdites



J'étais admise au service d'endocrinologie, après avoir quitté mes parents, je me retrouve seule dans ma chambre et là je rencontre le Professeur C. qui va me soigner durant plusieurs mois. Le soir même il me pose la question : "Je te laisse le choix pour ton hospitalisation " si tu acceptes de te réalimenter, tu resteras en endocrinologie, si tu refuses toute nourriture, tu seras en psychiatrie et tu seras gavée, ce n'est drôle à vivre. J'avais fait mon choix, celui de manger. C'était un samedi soir, et pour la première fois depuis des mois, j'ai pris mon repas, j'étais enfin heureuse d'avoir surmontée mon refus de vivre.

Mais, j'étais bien loin de connaître les mesures draconniennes qui allaient êtres prises à mon égard.

Dès le lundi, j'ai retrouvé le Professeur C qui m'annonce "Mademoiselle, vous serez enfermée dans votre chambre et vous ne pourrez pas en sortir, sauf pour votre pesée, vous ne recevrez aucune visite, aucune lettre, aucun appel téléphonique, vous ne sortirez pas dans le couloir, vous aurez un seau hygiènique en guise de toilettes, ce dernier sera contrôlé tous les jours, pas de douche non plus, votre lavabo sera inspecté à tous les repas et ce jusqu'à ce que vous atteignez 42 kilos!!!.

Le luxe que je vais essayé de vous trouver : c'est une télévision, j'ai eu ma télévision, merci encore pour ce cadeau. J'ai avoir ainsi un lien unique avec le monde extérieur.

Une affiche avait été collée sur ma porte à l'extérieur "Visites interdites".

Les chuchotements dans le couloir allaient bon train. Celui là, il doit vraiment être malade !!! cela doit être contagieux!!!!

 J'ai supporté cet isolement total durant 3 mois, aux 42 kilos comme prévu.

Chaque matin, j'étais pesée avec le sourire aux lèvres ou les pleurs quand le poids baissait, la courbe de poids était affichée dans ma chambre.

Chaque jour mes menus prenait quelques calories en plus, mais renourrir un corps cachexique, il faut aller doucement.

Un traitement aux antidépresseurs m'a été donné pour calmer mon hyperactivité;

Je prenais 7 mini repas par jour. 2 dans la matinée, 1 le midi, 2 dans l'aprés midi,

1 le soir une autre collation tard le soir.

J'ai subi plusieurs lavements pour trouver une éventuelle maladie aux intestins, mais ce que je n'avais jamais avoué au médecin, c'est qu'avant mon hospitalisation j'avais avalé des boites de laxatifs et des litres d'huile de parafine pour maigrir encore plus vite, je perdais toujours des selles de couleur anormale. J'aurais dû avouer ce que j'avais fait, cela m'éviter les lavements.

J'ai eu plusieurs punitions durant cette hospitalisation, j'ai été surprise en train de faire des abdominaux, je m'étais fais vomir dans le lavabo - des traces ont été retrouvées sur les bords !!! punitions : visites encore plus interdites (ne plus discuter avec les étudiants en médecine ou infirmières), isolement encore plus total.

Il n'est pas facile de se réalimenter malgré la volonté de guérir, c'est accepter son véritable corps, c'est s'accepter soi-même et c'est dur. Le corps n'accepte pas la nourriture si le cerveau n'est pas d'accord, le ventre crie j'ai mal !!! la fatigue est là en permanence avec des douleurs gastriques quotidiennes. Le mal-être épuise l' esprit et pour m'isoler et me fatiguer encore plus, je ne pouvais pas me regarder en face puisque je n'avais pas le droit au miroir.

J'ai attendu 2 mois avant d'avoir le droit sous haute surveillance à mon premier bain, j'ai eu bien du mal à faire mes premiers pas dans le couloir après autant d'immobilité.

Au bout de mes 3 mois d'isolement et à 42 kilos, je n'ai toujours pas revu mes parents, et un soir j'apprends que je partirai le lendemain pour les Alpes pour quelques mois. Je quitte le CHU pour le plateau D'assy, je prends le train sous surveillance médicale. La bàs, je n'ai absolument pas apprécié mon séjour, plus seule que jamais.

Pas d'amis de mon âge, personne à qui franchement parler, heureusement que près du centre repos "pour tuberculeux"!!! où j'étais hospitalisée, se tenait un cabinet d'ergothèrapie ouf ! j'ai peu retrouver un peu de bonheur en m'exprimant dans les activités manuelles.

Malgré tout, je dirais qu'au CHU, l'isolement total m'a été bénéfique, j'ai pu grandir seule, m'accepter, , ne plus faire souffrir ma famille, j'étais là en lutte avec mon corps pour retrouvver enfin une paix intérieure. J'ai pu m'exprimer seule avec le personnel médical, j'ai pu enfin grandir et mûrir. Je pense que de retrouver mes proches trop tôt, aurait ralenti l'envie de grandir, je ne voulais plus que l'on s'apitoye sur mon sort et je voulais éviter tous les conflits familiaux qui ont éclaté durant ma maladie.

Mais chaque anorexique est unique, chacun guéri comme il le peut avec ou sans ses proches, du moment que le plaisir de vivre avec son corps est encore présent à l'esprit.

Le retour à la maison fut un peu difficile, j'ai eu quelques crises de boulimie pour calmer mes angoisses et pour m'empêcher de replonger dans la maladie, mais j'ai tenu le coup.

La totale guérison est arrivée 7 années après, tout aussi bizaremment que le déclic de mon hospitalisation, j'avais repris un poids normal de 56 kilos, mais je n'acceptais plus de rester seule les weeks-end, un jour, je me suis inscrite à une sortie surprise, je ne connnaissais personne et j'ignorais la destination. Une heure après, être arriver à cette fameuse destination, j'avais mal au ventre, pour une fois que je sortais, pas de chance, je vais aux toilettes et là surprise-surprise, les règles étaient revenues alors, que j'avais eu durant ces 7 ans, des médicaments hormonaux et examens sanguins sous toutes les formes, rien à faire et là en une heure tout c'est remis à fonctionner normalement comme si de rien n'était, je n'avais de protections périodiques, je pensais pas qu'un jour cela pouvait m'arriver :

J'étais guérie enfin!!!

 

Deux ans après, je me suis mariée, j'ai eu trois enfants (alors que l'on m'avait prédit médicalement que je pourrais pas en avoir après 7 années d'aménorrhée) et il ne faut peut-être toujours écouter ce que l'on dit : quand on veut, on peut !!! Si volonté est présente, tout peut réussir avec le temps.



3 - S'il vous plaitn'écoutez pas les : "C'est de la faute de",

"Moi à la place de tes parents, j'aurais...Ce n'est pas chez moi que ma fille aurait eu cette maladie" 

 Je viens hurler ma douleur et ma haine contre tout ce que j'ai pu entendre et ce que j'entends encore sur mes parents et sur moi-même. C'est incroyable ce que les personnes peuvent dire comme méchancetés, peut-être ont-elles peur et que c'est leur seule façon de l'exprimer.

Mes parents n'ont obtenu aucune aide de la famille, ils se sont retrouvés seuls, abondonnés.

Ils ont entendu cette phrase horrible au moment où j'allais le plus mal. "Vous entendez le glas qui sonne aujourd'hui et bien demain cela sera pour votre fille".

Ils ont été accusés, qu'ils voulaient se débarrasser de moi et qu'ils souhaitaient ma mort.

Que tout était de leur faute, qu'ils étaient les seuls responsables.

Alors non et non, je vous en supplie, ne les accusez pas. Ils ont tout fait pour me sauver la vie, mais je ne voulais pas manger, j'étais malade, l'anorexie mentale est une maladie grave qui peut arriver dans toutes familles. C'est le mental du malade qui est atteint et ce n'est de la faute à personne.

Pourquoi ? toujours accuser les parents, c'est moi dans mon inconscient qui a voulu cette maladie.

J'entends dire encore aujourd'hui en 2008, ce n'est chez moi que cela arriverait, c'est pas compliqué, j'attrape la chevelure de ma fille et j'écrase son visage dans son assiette, elle sera bien obligé de manger, ou bien encore les entonnoirs cela existe, pourquoi ne pas faire comme les oies ? Pourquoi ton père n'a rien fait ? il n'avait pas d'autorité, une bonne "raclée"et tout repart !!!

Ou encore, aucun médecin ne me prouvera le contraire : tes parents sont responsables, ils en ont le profil. Le profil de quoi au juste ???? L'accusateur peut-dire aussi" j'avais des parents qui étaient toujours présents" jamais une telle "chose" n'aurait pu se produire chez-moi: Eh si ! et de quoi je me mêle; je connais mon passé et seule moi peut le connaître : j'ai eu une enfance heureuse, fille unique, mais bien entouré avec de bons amis qui eux ne m'ont jamais laissé tombé.

Ce qui est dommage et triste, c'est ce que mes enfants entendent encore aujourdh'hui ces propros et qu'ils en souffrent certainement. Heureusement je l'espère, ils n'en tiennent pas compte.

 

Bon courage et bonne route à tous qui liront ces quelques pages. Sincères Amitiés d'Annaïg

 

Commentaires (45)

1. Prescy 02/04/2008

Ce témoignage est touchant et choquan je pensais pas que cela pourai arrivé pendant ten d'année 7ans!!!
Et les dires de certaine personnes!!! c'est sur cela peu toucher n'importe qui J'espère que aujourd'huit vous aller mieu en tout cas je vous le souhaite sincérement Votre témoignage est magnifique
p.s: vous devriez penser a en faire un livre c'est un témoignage magnifique et poignant franchement écrivez!!!
Je suis de tout coeur avec vous
Vivez bien et sourtout heureuse vous le mériter

2. chloe 07/04/2008

Je n'ai pas pu résister à jeter un coup d'oeil rapide sur votre site et finalement je m'y suis attardée...
J'ai cliqué sur ce témoignage et Oh surprise je suis tombée sur celui d'Annaïg.

Je l'ai lu avec intérêt, heureusement que la prise en charge aujourd'hui évolue dans un sens positif et pourtant, dans trop de milieux hospitaliers, il y'a encore beaucoup à faire. Les paroles des professionnels sont parfois blessantes "à nous considérer de capricieuse, de squelettes ambulants ou à déclarer une anorexie passagère quand on va perdre encore 30 kgs", mais les paroles des "dits amis" sont encore plus vexantes quand on reproche à nos parents comme l'a si bien décrit Annaïg "C'est de la faute des parents, vous n'avez qu'à trouver de meilleurs médecins, il faut que vous divorciez, soyez plus ferme, votre fille est capricieuse" et je passe d'autres inepties. Cette maladie est encore jugée de caprice et les gens ont beaucoup de difficultés à la comprendre (moi-même ayant souffert d'anorexie, je la trouve très complexe et sournoise) C'est un jeu de chasse à la souris, une lutte entre le bien et le mal, on essaie de berner les médecins, les proches et on se fait avoir nous-même jusqu'à ce qu'on veuille se sortir de cette merde... Et malgré la volonté, purée que la route et la lutte peuvent être encore longues et destrutrices.

Je suis assez choquée par la méthode d'isolement qu'Annaïg a connu _et pourtant certain(e)s le connaissent encore de nos jours_ je trouve anormal aujourd'hui d'empêcher l'accès aux toilettes pour ne pas que la nourriture y finisse. La guérison doit se faire en accordant une confiance avec la personne souffrante et la laisser se fixer des objectifs. Je pense que l'éloignement familial peut-être nécessaire pour certaines personnes, mais l'isolement en aucun cas, on se l'octroie assez pour ne pas que les autres nous l'imposent. Au contraire ce qui m'a sauvé, je pense, c'est justement de m'aider à réapprivoiser les plaisirs de la vie et non me les supprimer.

Bon je vais arrêter là sinon j'écrirai encore des pages...

Bonne continuation aux crétrices de ce site et à Annaig.

3. chloé 22/07/2008

Salut les filles,

Je voulais savoir si je pouvais mettre quelques passages de vos témoignages sur le site : http://solidarite-anorexie.spaces.live.com ?

Ce serait bien intéressant pour nous(on remettrait un lien sur l'article vers votre site également).

Bonnes vacances

4. chloé (site web) 22/07/2008

J'ai mis un extrait sur le site, si cela pose soucis dites-le moi et je retire ça de suite.
Vous avez fait vraiment du bon boulot. Je ne tiens pas à faire un copié collé de votre site (je n'y vois pas l'intérêt) mais surligner des passages essentiels en réponses à des questions souvent posées lors de réunions que seules les personnes ayant vécu ce trouble peuvent y répondre.

J'ai mis un lien vers vous pour inciter les personnes à lire la suite ou voir d'autres témoignages.

En cas d'un quelconque pb n'hésitez pas à me le faire savoir.

5. virginie 31/07/2008

Trés beau témoignage .
moi j'espere desesperemment voir ma collegue et ami sortir de cette spirale inferle qu est l'anorexie.
Je te souhaite beaucoup de bonheur !!

6. faucogney 30/03/2009

bonjour, je m'appelle vanessa j'ai 20 ans est je suis anorexique depuis 7ans c'est un calvaire, je suis contente car sa sa va mieux que par un moment, je peux marcher un peu plus défois c'est encore dur car je suis fatiguée, mal aux jambes...mais je peux faire plus de plus trajets.J'ai hate de m'en sortir, toi comment tu t'en est sortie?

7. cavellec 13/12/2010

bonjour,

je viens bien quelques années plus tard pour lire vos messages d'encouragements et je vous en remercie. Je n'avais eu pas eu l'adresse du site, car c'est ma fille qui s'en était chargée. Je me suis décidée à approfondir mon témoignage pour écrire un livre si j'en suis capable pour vous aider dans vos souffrances. Je pense bien à vous toutes malgré les années qui ont passées.
Bious à toutes Annaig

8. gry Seilt324 (site web) 23/10/2012

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