une loi contre l'incitation à l'anorexie à l'assemblée nationale


 
Une loi contre l'incitation à l'anorexie en débat mardi à l'Assemblée


 

 

 

Par Souk CHANTHALANGSY AFP - il y a 52 minutes

 

PARIS (AFP) - Les députés débattent mardi d'une proposition de loi UMP visant à combattre l'incitation à l'anorexie, cet état de "maigreur excessive" aux graves répercussions sanitaires dont sont atteintes entre 30.000 et 40.000 personnes en France.

 

Mise à l'ordre du jour de l'Assemblée à l'initiative du groupe UMP, cette proposition de loi a été approuvée, sans opposition, mercredi par la commission des Affaires sociales.

 

Elle permettra aux députés, "sans doute pour la première fois, de se prononcer sur cette question majeure, trop longtemps occultée", s'est félicitée la rapporteure Valérie Boyer (UMP).

 

L'examen de ce texte intervient une semaine après la signature par les professionnels de la mode, de la publicité et des médias, et la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, le 9 avril à Paris, d'une "charte" de bonne conduite sur l'image du corps et contre l'anorexie.

 

Cette charte ne comprend toutefois aucune mesure contraignante mais des "engagements partagés et concertés", essentiellement de sensibilisation et d'information.

 

"A la souffrance, au déni et à l'isolement des malades, au sentiment d'impuissance qui envahit souvent leurs proches, il est temps d'opposer un signe fort marquant la prise de conscience et la mobilisation des pouvoirs publics contre ce fléau", a fait valoir Mme Boyer.

 

La proposition de loi UMP, formée d'un seul article et dont l'adoption mardi ne fait guère de doute -le groupe PS ayant indiqué vendredi qu'il ne "s'opposerait pas" au texte-, a pour objet de créer "une incrimination spécifique de la provocation" à l'anorexie.

 

Ainsi, "le fait de provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive, en encourageant des restrictions alimentaires prolongées ayant pour effet de l'exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé, sera puni d'une peine maximum de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende".

 

La peine est portée à trois ans et 45.000 euros d'amende, s'il apparaît que "cette provocation a entraîné la mort de la personne concernée".

 

Lors de l'examen en commission, la députée UMP a fait adopter un amendement punissant de deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende "la propagande ou la publicité, quel qu'en soit le mode, en faveur de produits, d'objets ou de méthodes préconisés comme moyens de parvenir à une maigreur excessive ayant pour effet de compromettre directement la santé".

 

Cet ajout permettra "d'incriminer la diffusion de contenus incitant à l'extrême maigreur, quel qu'en soit le support, ce qui s'appliquera notamment à certains sites internet +pro-ana+" (pro-anorexie), a-t-elle fait valoir.

 

Le mouvement dit "pro-ana", se développe depuis le début des années 2000 aux Etats-Unis et depuis deux ans en France. Ses membres, des jeunes filles se présentant comme anorexiques et prétendant que l'anorexie n'est pas une maladie mais un "mode de vie", diffusent leurs idées via des forums ou des blogs sur internet.

 

Selon le rapport de Mme Boyer, entre 30.000 et 40.000 personnes seraient atteintes d'anorexie en France, dont environ 90% de femmes, avec deux pics de déclenchement à 12-13 ans et à 18-19 ans.

 

Ses répercussions sanitaires sont souvent très graves. L'anorexie peut en effet entraîner une anémie, une ostéoporose, la perte des capacités physiques et musculaires, voire la détérioration des organes vitaux et des problèmes cardiaques, précise le rapport.

 

 

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